« J'aurais voulu que Nicola arrête le groupe »

15/05/2009 22:07 par indo60

  « J'aurais voulu que Nicola arrête le groupe »
CHRISTOPHE SIRKIS, 51 ans


Le frère aîné de Nicola Sirkis a vécu les débuts d'Indochine mais n'a jamais fait partie du groupe. Il travaille dans la production audiovisuelle.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Christophe Sirkis. Il y a des choses qui m'ont profondément choqué avant et après la mort de mon petit frère Stéphane.
Des choses immorales, égoïstes. Ce n'est pas bon de mentir aux gens, surtout à un public jeune. Au début des années 1990, j'ai découvert que Stéphane, alors guitariste d'Indochine, souffrait d'une terrible dépendance à l'héroïne et que mon autre frère, son jumeau Nicola, ne voulait pas s'en occuper. Stéphane s'était perdu dans cette spirale infernale de la notoriété et n'avait plus qu'un rôle de figurant dans le groupe, alors qu'il avait beaucoup participé au succès d'Indochine.

Ce type de comportement n'est-il pas courant dans un groupe de rock ?
Non. J'ai été amené par mon boulot à côtoyer David Bowie, Lou Reed ou Iggy Pop. Je n'ai pas eu l'impression que ça se passait comme ça. C'est vrai qu'il existe dans le public une fascination pour l'attitude sex, drugs and rock'n'roll. La drogue est aussi une solution pour tuer le trac. C'est finalement imbécile, malsain, dommageable et parfois dramatique. Stéphane était en péril, il avait besoin de l'aide de sa famille. Il y a eu alors une opposition de la part de Nicola.

N'est-il pas difficile de secourir un toxicomane contre son gré ?
Ce n'est pas une excuse pour ne rien faire. Je me refuse à dire que quelqu'un doit mourir parce qu'il a un comportement désespéré. J'aurais voulu que Nicola arrête Indochine et que nous payions tous ensemble à Stéphane une thérapie. Ça n'a pas été possible.

Accabler votre frère de graves reproches n'est-il pas un moyen de vous défausser de votre culpabilité ?
Je ne me sens pas coupable de sa mort, je me suis juste senti impuissant. Je me sens en revanche responsable de ne pas avoir tapé sur la table. Dans ce livre, j'essaie simplement d'apporter au lecteur le maximum d'informations pour qu'il se fasse une opinion. J'ai la mienne. Quelques semaines après la mort de Stéphane, en 1999, la tournée d'Indochine a démarré et son décès a beaucoup contribué à ce succès. Tout le monde était là, faisait la fête.

N'était-ce pas une façon de faire son deuil ?
Pour moi, non. J'ai plutôt ressenti de la part de Nicola comme un appel à la compassion du public.

Ne craignez-vous pas que votre livre soit interprété comme la revanche de quelqu'un resté dans l'ombre alors que son frère est dans la lumière ?
Tout le monde ne désire pas forcément l'argent et la notoriété. Je suis guitariste, je n'ai pas fait partie d'Indochine parce que j'avais deux ans de plus que mes frères et que nous n'aimions pas les mêmes musiques. Ça ne m'intéressait pas. J'ai connu ce milieu à travers mon travail pour la télévision. J'ai arrêté tout ça après le décès de Stéphane et je me suis retiré à la campagne. Je vois plus de lumière dans une maîtresse d'école qui fait son boulot que dans quelqu'un qui joue la star sur scène.

Ce livre est en librairie depuis hier alors qu'un nouvel album d'Indochine sort bientôt...
Nous vivons dans un monde de communication et je veux que les gens aient accès à ce livre, je ne peux pas me taire. Ce n'est pas un règlement de comptes, c'est ma version de l'histoire telle que je l'ai vécue.

La famille Indochine se déchire

15/05/2009 22:06 par indo60

  La famille Indochine se déchire
Dans un livre, Christophe Sirkis s'en prend à son frère Nicola, leader du groupe rock. Objet du scandale : son attitude vis-à-vis du troisième frère, Stéphane, mort en 1999.


Ce livre va déranger. En librairie depuis hier, « Starmustang », écrit par Christophe Sirkis, le grand frère du leader d'Indochine, Nicola Sirkis, apporte un éclairage singulier à l'histoire du groupe, à une semaine de la sortie de leur nouvel album « la République des Meteors ». La formation a fait savoir hier par sa maison de disques, Sony Music, qu'« Indochine et Nicola Sirkis ne feront aucun commentaire ».
Les accusations portées par l'aîné de la fratrie sont graves : selon lui, Nicola ne serait pas venu au secours de son frère jumeau, Stéphane le guitariste et clavier du groupe , alors qu'il était toxicomane.
Après la mort de ce dernier il y a dix ans d'une hépatite foudroyante, il en aurait aussi profité pour relancer la « machine commerciale » Indochine. Interrogé sur le sujet dans « Paris Match » cette semaine, Nicola Sirkis remarque : « Personne ne reproche à Catherine Ringer (NDLR : la chanteuse des Rita Mitsouko, groupe qui a perdu Fred Chichin le 28 novembre 2007), ce que l'on m'a reproché, c'est-à-dire d'avoir continué après la disparition de Stéphane. Etre sur scène après un drame absolu m'a sauvé, mais il vaut mieux être pudique dans la douleur. »
Au fil de son récit, Christophe Sirkis ne s'embarrasse pas en revanche de pudeur. Livrant son témoignage sur la passionnante genèse d'Indochine au début des années 1980, il raconte aussi en détail les drames et les tensions émaillant leur histoire familiale, tout en dressant au final un portrait peu flatteur de son frère cadet. Celui qui, depuis trente ans, porte les couleurs du groupe qui se produira le 26 juin 2010 au Stade de France.

Indochine

15/05/2009 22:05 par indo60

 Indochine
1.
" J'aurais voulu que Nicola arrête le groupe "
27/02/2009
CHRISTOPHE SIRKIS, 51 ansLE FRÈRE aîné de Nicola Sirkis a vécu les débuts d'Indochine mais n'a jamais fait partie du groupe... Au début des années 1990, j'ai découvert que Stéphane, alors guitariste d'Indochine, souffrait d'une terrible dépendance à l'héroïne et que mon autre frère, son jumeau Nicola, ne voulait pas s'en occuper...

2.
La famille Indochine se déchire
27/02/2009
La famille Indochine se déchire... En librairie depuis hier, " Starmustang ", écrit par Christophe Sirkis, le grand frère du leader d'Indochine, Nicola Sirkis, apporte un éclairage singulier à l'histoire du groupe, à une semaine de la sortie de leur nouvel album " la République des Meteors ". La formation a fait savoir hier par sa maison de disques, Sony Music, qu' Indochine et Nicola Sirkis ne feront aucun commentaire "...

3.
La famille Indochine se déchire
27/02/2009
La famille Indochine se déchire... En librairie depuis hier, " Starmustang ", écrit par Christophe Sirkis, le grand frère du leader d'Indochine, Nicola Sirkis, apporte un éclairage singulier à l'histoire du groupe, à une semaine de la sortie de leur nouvel album " la République des Meteors ". La formation a fait savoir hier par sa maison de disques, Sony Music, qu' Indochine et Nicola Sirkis ne feront aucun commentaire "...

4.
" J'aurais voulu que Nicola arrête le groupe "
27/02/2009
Le frère aîné de Nicola Sirkis a vécu les débuts d'Indochine mais n'a jamais fait partie du groupe... Au début des années 1990, j'ai découvert que Stéphane, alors guitariste d'Indochine, souffrait d'une terrible dépendance à l'héroïne et que mon autre frère, son jumeau Nicola, ne voulait pas s'en occuper...

INDOCHINE "METEOR" 20 h FRANCE 2 le 1er Mars 2009

15/05/2009 22:04 par indo60



INDOCHINE "METEOR" 20 h FRANCE 2 le 1er Mars 2009

"Nicola a profité de la mort de Stéphane pour relancer Indochine"

15/05/2009 22:03 par indo60

 "Nicola a profité de la mort de Stéphane pour relancer Indochine"
Dix ans jour pour jour après la mort de Stéphane Sirkis, guitariste du groupe Indochine, le grand frère de la famille fait des révélations chocs au sujet du frère jumeau de Stéphane, Nicola Sirkis, le chanteur du groupe.

Pour Christophe, l'aîné de la famille, Nicola est en partie responsable de le mort de son frère. Stéphane Sirkis est décédé le 27 février 1999 d'une hépatite foudroyante liée à sa consommation d'héroïne.

Dix ans après, c'est au travers d'un livre que le grand frère règle ses comptes avec le leader du groupe français. Starmustang ou Indochine, une affaire de famille raconte la descente aux enfers de Stéphane sous les yeux de son frère jumeau.

"Des choses m'ont choqué avant et après la mort de mon petit frère Stéphane. Des choses immorales, égoïstes" raconte Christophe Sirkis au Parisien. "Au début des années 90, j'ai découvert que Stéphane, alors guitariste d'Indochine, souffrait d'une terrible dépendance à l'héroïne et que mon autre frère, son jumeau Nicola, ne voulait pas s'en occuper", déclare-t-il.

Christophe explique avoir demandé à Nicola, le meneur du groupe d'arrêter Indochine et que celui-ci aurait refusé. Pire, il accuse son petit frère d'avoir profité de la mort de son jumeau. "Quelques semaines après la mort de Stéphane, en 1999, la tournée d'Indochine a démarré et son décès a beaucoup contribué à ce succès. Tout le monde était là, faisait la fête" lance-t-il.

Stéphane Sirkis était décédé en plein enregistrement de l'album Dancetaria en 1999. Nicola Sirkis avait souhaité continuer. "Indochine vivra comme l'aurait souhaité Stéphane" avait alors déclaré le chanteur. (CB)
27/02/09 11h51

hommage a stéphane sirkis pour les 10 ans de sa disparition

15/05/2009 22:02 par indo60


très belle vidéo en hommage a Stéphane pour les 10 de la disparition de Stéphane

hommage a stéphane sirkis pour les 10 ans de sa disparition

15/05/2009 21:58 par indo60

A

nicola merci d'avoir rendu hommage a ton frère il peux être très fier de toi et du groupe mille indokiss a toi Nicola

C'est juste une flamme qui brûle sur la montagne
J'espère que tu la vois, j'espère que tu l'aimeras
Juste un signal
- You see atomic sky -
Comme un bruit de balle
- You see atomic sky -
Est-ce que tu l'entendras, que tu m'y trouveras ?
Oh le ciel, regarde le ciel !
Il est à toi, il est pour toi si tu adores rechercher mes trésors
Est-ce que tu m'aideras, est-ce que tu m'enchanteras ?
Tu m'apprendras
- You see atomic sky -
La vie, la haine, la joie
- You see atomic sky -
Ici la vie est belle, un baiser sur tes lèvres
Oh tu sais comment on fait
Je reviendrai nous oublier
Oh tu sais comment on fait
Je reviendrai nous oublier
Oh le ciel, regarde le ciel
Il est à toi il est pour toi
Oh le ciel, regarde ce ciel...

Indochine en 10 dates

15/05/2009 21:58 par indo60

 Indochine en 10 dates
1959 : naissance le 22 juin de Nicola et Stéphane Sirkis à Antony.
1980 : formation du groupe Indochine avec Dominique Nicolas et Dimitri Bodiansky.
1982 : « L'aventurier » se vend à plus de 1 million d'exemplaires.
1985 : le disque « 3 » consacre le groupe avec les tubes « Tes yeux noirs », « Trois nuits par semaine » ou « 3e sexe ».
1991 : devenu trio, Indochine connaît une baisse de popularité après le sketch des Inconnus les parodiant.
1996 : l'album « Wax » est un tournant pop-rock, qui se solde par un échec commercial.
1999 : Stéphane disparaît le 27 février. Nicola décide de continuer et publie en août « Dancetaria ».
2002 : « Paradize » et son tube « J'ai demandé à la lune » devient le plus grand succès commercial du groupe : 1,5 million d'exemplaires vendus.
2006 : le « Alice & June Tour » attire plus de 600 000 spectateurs.
2010 : Indochine se produira le 26 juin au Stade de France, une première pour un groupe de rock français.

Interview Benjamin Locoge - Paris Match

15/05/2009 21:56 par indo60

  Interview Benjamin Locoge - Paris Match
Indochine fait toujours fantasmer. Alors que sort « La république des Meteors », le 11e album du groupe, et que dix dates de la prochaine tournée sont déjà complètes, son succès dérange encore. Le chanteur s'en explique.



A bientôt 50 ans, Nicola Sirkis devrait être serein. Le 26 juin 2010, Indochine sera le premier groupe de rock français à se produire au Stade de France. Pourtant, à chaque fois que sa bande revient dans l'actualité, il trouve sur sa route des personnes bien intentionnées pour lui régler son compte. Cette fois, c'est son frère aîné, Christophe, qui s'apprête à sortir un livre partial. Il le décrit comme un être manipulateur, responsable de la mort de Stéphane, son jumeau ! Mais l'artiste préfère ne pas se laisser entraîner dans la spirale nauséabonde des histoires de famille. Il préfère se concentrer sur la sortie de « La république des Meteors », son album le plus intime, où le chanteur parle pour une fois de lui, de ses amours et de ses démons. Un disque qui surprendra avec ses ambiances électroniques et ses ballades au climat éthéré.

Paris Match. Pourquoi êtes-vous si peu optimiste dans ce nouvel album ?
Nicola Sirkis. J'essaie de l'être au quotidien ! Mais je suis un déçu de la comédie humaine. Enfant, on me parlait de la vie adulte comme de quelque chose de bien. Adulte, j'ai l'impression d'être dans la cour de récréation en permanence. Tout le monde est jaloux, à vif. Le mensonge est l'une des causes principales de la crise que nous subissons aujourd'hui... D'ailleurs, la chanson “Gagnants/perdants” de Noir Désir ne me fait pas rire. Le monde ne se réduit pas aux gentils opprimés et aux cyniques puissants.

Dans “Republika” vous vous définissez comme “républicain de loin”.
Parce que je ne suis pas dupe. Je veux bien participer à la vie démocratique, mais sans prendre tout pour argent comptant. Quand je vois Barack Obama, j'ai de l'espoir. En une nuit, il a révélé un peuple que je croyais arrogant et suffisant. Sarkozy est également d'une habileté incroyable, mais attention je ne le vénère pas. Sa dialectique comme sa manière d'embobiner les gens me fascinent. Par certains côtés, il me rappelle Bernard Tapie. Il est parfois marrant mais il a aussi eu des discours intransigeants, violents, renouant avec le pire de la droite française.

Pourriez-vous voter pour lui ?
Faut quand même pas déconner... J'ai été choqué, le 6 mai 2007, par le fait que les artistes venus féliciter Nicolas Sarkozy étaient pour la plupart des exilés fiscaux. Ils refusent de participer à la solidarité de la vie de la nation.

On vous sent à fleur de peau...
C'est toujours ainsi quand j'écris. J'attends que les émotions arrivent. Et pour cela, j'ai besoin de mélodies, de musiques... C'est une violence, même si je me dévoile sans m'en rendre compte.

Vous révélez avoir porté les vêtements de votre mère !
Comme tout le monde, non ? Mais j'assume.

Encore aujourd'hui, Indochine est parfois perçu comme un “groupe de pédés”.
Tant mieux, c'est une façon de jouer, de provoquer l'auditeur.

Que retenez-vous de votre enfance ?
Je ne la regrette pas. Je n'ai pas envie de regarder les séries télévisées de l'époque, je ne vais pas aux réunions d'anciens camarades de classe, je ne me marre pas devant Casimir en mangeant des Haribo... J'ai été éduqué avec amour par mes parents. Après leur séparation, mon frère et moi, nous nous sommes retrouvés en pension chez les jésuites. Même si c'était dur, nous avons tenu, car nos parents nous avaient appris la tolérance. Je n'ai aucune nostalgie de l'enfance à cause de cette période. Je peux rire de certains moments de ma jeunesse. Mais de la pension, pas du tout. C'était comme la prison. J'étais tellement impatient d'être libre... A 6 ans, je voulais piloter un avion et conduire une voiture

Et votre adolescence ?
Nous l'avons passée avec notre mère, qui était très tolérante. Ni elle ni mon père ne nous ont empêchés de faire de la musique. Je les en remercie encore aujourd'hui. Ils sont d'ailleurs les premiers à être fiers de ce qui nous est arrivé ensuite. Si nous étions nés au Chili ou en Russie, tout cela n'aurait pas été possible.

Que pensez-vous lorsqu'on vous assimile à un éternel adolescent ?
Je suis un vieux Peter Pan, mais je n'ai jamais été atteint par ce syndrome. La vérité, c'est que je ne fais pas mon âge, parce que le rock conserve. Regardez Mick Jagger ! J'énerve, je reste le vilain petit canard, mais je ne vais pas me mettre dans le moule pour faire l'unanimité.

La chanson “Bye bye Valentine” résonne comme un hommage à votre frère Stéphane ?
Absolument pas, elle s'adresse à ma fille. Je sais qu'un jour elle partira, et j'en souffre déjà. Je devance mes angoisses. En ce moment, j'ai une relation fusionnelle avec elle. Elle a l'âge de comprendre vraiment ce que je fais, elle veut chanter avec moi, elle retient les textes... Elle et moi avons une complicité qui me touche profondément.

Vous êtes pourtant séparé de Gwen, sa mère.
Eh oui... Je n'ai jamais parlé de ma vie privée jusqu'à présent. C'est la première fois que je chante des choses aussi personnelles. Nous avons un lien très fort. L'écriture de ce disque m'a amené à parler de ces événements bouleversants. Mais je ne veux pas paraître impudique, j'évoque aussi d'autres personnes...

Votre frère aîné Christophe dit, dans son livre, que vous avez laissé Stéphane mourir. Souhaitez-vous lui répondre ?
Non.
Vous avez suivi une psychanalyse après sa disparition.
Je suis toujours en psychothérapie, je m'en sers comme gymnastique d'esprit. Si tout le monde passait par là, nous n'en serions pas à ce stade. J'ai évacué toutes mes haines et toutes mes aigreurs grâce à elle. Cela me permet d'être l'homme que je suis aujourd'hui, certainement pas serein, mais vivant un peu mieux.

Vous allez avoir 50 ans cette année...
Stéphane aussi aurait eu 50 ans... En tant qu'être humain, je me sens comme un miraculé de la vie, cet âge m'amuse. Mais l'horloge tourne, donc cela m'angoisse.

Indochine sera-t-il encore là dans dix ans ?
Je ne sais pas. Dans ma tête, le prochain cap pour ce groupe, c'est la tournée et le concert au Stade de France. Ensuite, je partirai peut-être en week-end, et je réfléchirai. Mais je n'ai jamais envie d'en finir, j'ai juste peur d'avoir la tête d'un vieux chanteur. De ce côté-là, pour l'instant, ça va !

Selon certaines rumeurs, Téléphone se reformerait l'an prochain. Un commentaire ?
Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Et s'ils se produisent au Stade de France, je m'en sentirai un peu responsable ! On verra le prix des places !

Pourquoi, selon vous, si peu d'artistes ont survécu aux années 80, à part Etienne Daho et Indochine ?
Il reste aussi les Rita Mitsouko, et personne ne reproche à Catherine Ringer ce que l'on m'a reproché, c'est-à-dire d'avoir continué après la disparition de Stéphane. Etre sur scène après un drame absolu m'a sauvé, mais il vaut mieux être pudique dans la douleur. Après, quand je vois les anciennes gloires des années 80 sur les plateaux télé, je me dis que j'ai fait le bon choix. Je suis toujours resté digne. Point final

Indochine La République des Météores

15/05/2009 21:55 par indo60

 Indochine La République des Météores
En un magnifique jour ensoleillé d'hiver, je me suis rendu aux bureaux de Sony BMG pour y écouter la dernière production du plus grand groupe de rock français : Indochine.

Je m'assois, bien installé dans un canapé mais tendu comme jamais, aux côtés d'autres personnes venues écouter le Saint-Graal en avant-première. La responsable de chez Sony engage la galette dans la chaine hi-fi et c'est parti ...

L'ouverture se fait dans une cacophonie où des sirènes résonnent pour annoncer la guerre. La plus terrible des choses commise par l'homme sera donc le thème central de ce nouvel album d'Indochine. Puis nous plongeons dans le tourbillon avec Go Rimbaud, Go ! Effets électros, rythme rapide et batterie martiale, la première chanson fait doucement penser à Marilyn. Un début haletant qui fait ensuite place à Junior Song. Et là, nous trouvons une touchante chanson accompagnée de xylophones, de pianos d'enfants et de musique de cirque. Nicola Sirkis retrouve son mythe peut-être préféré, celui de Peter Pan. Rester éternellement un enfant, comme pour éviter le monde affreux des adultes, voilà un rêve que partagent bon nombre de fans du groupe.

L'intro de la quatrième piste est bien connue. Little Dolls tourne déjà depuis un petit moment sur les ondes et s'impose comme un magnifique single. Tout en délicatesse et en poésie, rappelant quelque peu Lady Boy ou Alice & June pour l'intro, avant de finir sur des pas militaires effrayants. Nicola avait dit depuis le début de la création de l'ère Météore qu'il utiliserait des instruments exotiques. Le Grand Soir touche à la grâce, au son de l'ukulélé et de l'accordéon. Des tintements font alors s'allumer les étoiles de la nuit.

Un Ange à ma Table, en featuring avec Sue de Pravda (pas certain néanmoins), retrouve les rythmes dansants d'Indochine, tout en gardant une ambiance froide et des racines new-wave, influence de toujours du groupe de Nicola Sirkis avec The Cure et ses descendants. Puis vient La Lettre de Métal. Le métal des armes à feu, des chars, des balles, de la cuirasse des bateaux de guerre. L'ambiance est incroyablement chargée d'émotion et de mélancolie, contant le départ d'un être aimé au loin, vers son destin tragique et inexorable. Le xylophone et le piano se mélangent magnifiquement et le titre finit gravement, comme si ce destin était sombre comme une nuit sans lune.

Le Lac continue sur la même thématique mais se révèle moins éprouvant que le précédant morceau. Republika mène Nicola Sirkis à dévoiler son côté engagé et son regard sur la politique, au son de carillons d'église qui résonnent tout au long du titre.

« Comme on est si fiers de rien / On sera républicains de loin »

Play Boy joue la carte du son électro qui décoiffe, avec un rythme entrainant et des paroles bien acérées de la part de Nicola. On ne lui fera même pas l'affront de demander de qui il parle...

« ...d'artiste allant habiter en Suisse... »
(rires unanimes dans la salle)

L World commence doucement, à la guitare acoustique, s'emballe sur un rythme plus rapide, puis finit sur le même tempo que le début. Je t'aime tant où une voix féminine se mêle à celle de Nicola pour cette ballade. Puis s'enchaîne un morceau d'une grande solennité, Bye Bye Valentine, renforcée par des sons d'orgues au loin. Pink Water n'est pas loin pour ce qui est de la charge émotionnelle et des textes :

« ...attend moi... » « ...je ne quitterai jamais... »

Les Aubes sont Mortes prend à nouveau un virage plus orienté électro et dansant, un peu comme leur single sorti l'été dernier en soutien à Reporters Sans Frontières : You Spin Me Round (cover de Dead or Alive, groupe des '80). Union War fait mouche à nouveau et bouleverse. Nicola parle de « tuer la vie » ou de « corps cassés ». En clôture, Le Dernier Jour démarre au son vieilli d'une radio d'une autre époque aux grésillements et à la voix lointaine. Rythmé, le morceau termine magnifiquement ce 11e album des Indo-Boys. Nicola chante à travers un mégaphone et des cris scandés en arrière-plan finissent d'achever nos émotions.

Mais avant de partir, une courte chanson, en ghost track, hautement charnelle avec un Nicola Sirkis seul, accompagné d'un simple piano.

Après un tel voyage, on reprend son souffle. On tente de remettre ses idées à l'endroit parce que l'on vient d'être bousculé. Indochine signe un album qui prend aux tripes, d'un bout à l'autre, tout en gardant des morceaux plus légers. Il sonne moins rock, les guitares sont moins agressives que sur le double album Alice & June ou Paradize, mais sa puissance sentimentale et la richesse musicale grave chaque chanson dans notre cœur.

Ressentir la douleur des autres. Imaginer ce qu'ont pu ressentir ces amoureux en pleine période de guerre, à l'avenir toujours incertain et sombre. Les adieux, la séparation, les gens, les peuples, les amours ; la guerre meurtri les hommes et les femmes, au plus profond de leur âme et n'épargne personne. Nicola Sirkis a voulu nous faire toucher à cette détresse et il a réussi à nous faire prendre conscience de la chance que nous avons, notre génération ainsi que la sienne, de ne pas avoir à vivre de tel drames.

La pochette regroupe tout l'univers d'Indochine ainsi que le thème principal de l'album avec la photo des soldats de 14-18. Betty Boop, Bowie, Rimbaud, Pierre et Marie Curie, Jacques Dutronc, Chloé Delaume, Patti Smith, Staline, Gandhi, Mao, McCartney, Salinger, Sid Vicious et les Indo-Boys, tous réunis dans ce patchwork humain.

Rendez-vous à tous les Indochinois le 9 mars 2009, avec plusieurs éditions comprenant des posters, des morceaux supplémentaires, des photos...

Morra's selection :Un Ange à ma Table, Le Dernier Jour, La Lettre de Métal