Indochine : la République des Météors...

15/05/2009 22:21 par indo60

 Indochine : la République des Météors...
Lorsque les corbeaux reviennent se percher sur les arbres, c'est qu'ils doivent protéger leur fromage d'un renard ingénieux. Lorsqu'ils viennent se poser sur votre épaule, c'est que la grande faucheuse passera bientôt vous voir. Mais quand ils envahissent les disquaires, c'est qu'un nouvel album d'Indochine vient de sortir.

11ème production pour le groupe emmené par Nicola Sirkis, qui a désormais trouvé son credo. Après de nombreuses tergiversations artistiques, l'arrivée d'Oli de Sat et ses arrangements géniaux a permis d'orienter le groupe dans un créneau "gothique" opportun, puisque des tas de jeunes se réfugient dans l'imagerie sombre, au grand dam de leurs parents, mais au grand bonheur d'Indochine, accueillant à bras ouvert les fans de Placebo et Marilyn Manson.

Du coup cette République des Météors ne déroge pas à la règle dépressive des années 2000. Une intro post-apocalyptique, des sonorités quasi-indus, qui rappellent évidemment Nine Inch Nails, partouzent avec des mélodies tristounettes qui aimeraient pouvoir servir de bande-son à un film de Tim Burton, et quelques passages rock, comme sur "Republika", viennent muscler le tout.

Le champ lexical de la guerre est omniprésent, tout comme le sentiment de l'éloignement ou encore du temps qui passe, si cher à ce vieux Ronsard quand il déclamait ses "Roses de la Vie". Mais la plume de Sirkis n'a pas autant de nuances. Sa façon de chanter comme si il avait une patate chaude dans la bouche le rend parois aussi compréhensible qu'Etienne Daho, et quand on y parvient, c'est souvent le drame. Des rimes simples, même simplistes, se succèdent et peuvent prêter à sourire. C'est bien simple, on a l'impression que certains morceaux sont chantés en yaourt. Morceau choisi: "Un homme assis dans un couloir/ Un enfantillage/ Moi je n'aime pas les amoureux/ Et Dieu créa les mêmes/ Essuie-toi les mains sales/ Juxtaposées/ Mais à l'arrière du passé/ Je nage et je dégage" ("Go Rimbaud Go!"). Y a pas à dire, le dealer de Nicola Sirkis, il fournit de la bonne!

Mais comme d'habitude il se fait touchant, de par la noirceur (même si un peu facile) de ses paroles, ses murmures ténébreux, ou son besoin de se raconter. Sur "Bye Bye Valentine" il se prend à mettre en vers sa relation avec sa fille. Et comme ça plaît aux jeunes, le faux bisexuel évoque l'ambiguïté sur "Play Boy": "Moi quand j'étais un adolescent/ J'ai essayé les vêtements de ma mère". Il reste plus pertinent quand il taille ce bon vieux Johnny au détour d'un couplet "J'ai du mal avec les artistes/ Surtout les français qui vont vivre en Suisse".

C'est sur le plan musical que cet album est le plus alléchant. Chaque chanson cherche à exister dans son propre univers tout en restant en cohésion avec le reste de l'album. De rythmes Depeche Modiens en notes de piano planantes, l'univers Indochine s'installe très facilement et offre de bons moments, comme sur les jolies "Le Lac" et "La Lettre de Métal", superbement orchestrées et arrangées. Le riff de guitare de "L World", presque pop/punk, laisse entrevoir un halo d'optimisme au milieu de la nuit, tandis que le single "Little Dolls" se fait ultra-efficace grâce à sa remarquable couleur musicale.


La République des Météors est un nouvel album d'Indochine. Il ne comporte pas de titres grand public comme "J'ai Demandé A La Lune" et devrait donc se contenter de ravir les fans. Ceux-ci le seront d'autant plus que la version collector est encore une fois proposée à un prix plus qu'attractif. Comme quoi Indochine a beau draguer de façon racoleuse, ils continuent de s'investir une fois la relation consommée. Et les corbeaux n'ont plus qu'à voler de leurs propres ailes.

Sébastien Delecroix

La famille Indochine règle ses comptes...

15/05/2009 22:20 par indo60

 La famille Indochine règle ses comptes...
Alors que sort dans une semaine le nouvel album d'Indochine "La république des météors", Christophe Sirkis, le frère aîné de Stéphane et Nicola, les jumeaux du célèbre groupe de rock, sort une autobiographie qui fait scandale... Découvrez des extraits en exclusivité !


Intitulé "Starmustang", cette autobiographie de Christophe Sirkis, le frère ainé des jumeaux, fait beaucoup de bruit... Il évoque l'enfance de la fratrie et revient sur l'histoire d'Indochine telle qu'il l'a vécue jusqu'au décès tragique de son petit frère, Stéphane, mort en 1999 d'une hépatite foudroyante. Il s'en prend fermement à son frère Nicola, aujourd'hui unique leader du groupe, en lui reprochant son attitude face à la détresse de Stéphane tombé dans la drogue. Selon lui, Nicola n'aurait rien fait pour l'aider à s'en sortir... Pire, il l'accuse d'avoir profité de la mort de son jumeau pour relancer "la machine commerciale" du groupe en mal de reconnaissance.


Voici quelques passages...

Leur enfance...

"La musique exerçait sur nous un attrait puissant. Plus vite, peut-être que pour les autres enfants de notre âge, elle a pris une importance primordiale, devenant à la fois refuge, exutoire, langage, rébellion, différence, espoir."

"Trop tôt, la vie nous avait bousculés et sortis du cocon de l'enfance. Stéphane était guitariste dans l'âme. Je le revois encore dans ma chambre, adolescent, déchiffrant les Rolling Stones accord par accord."

"Devant les vitrines des magasins de musique de Pigalle, on rêvait en voyant les modèles mythiques de Gibson, Fender, Gretch. La moins chère de ces guitares était la Mustang. "


La mort de Stéphane...

"Stéphane était le plus juste d'entre nous. Il était au-dessus de la méchanceté des hommes. Il est temps qu'un véritable hommage lui soit rendu. Je veux donner au lecteur tous les éléments qui lui permettront de se faire une opinion au sujet des personnages et des comportements. Que cela puisse servir aux parents, aux enfants et aux ados. "

Christophe Sirkis, "Starmustang", Ed. Balland




Christophe et très jaloux de son frère nicola

Indochine déchaîne les passions

15/05/2009 22:19 par indo60

 Indochine déchaîne les passions

Indochine, un phénomène rock et une longévité sans précédent. Les fans n'auraient manqué cette rencontre pour rien au monde. Photos Ludovic Maillard Indochine, un phénomène rock et une longévité sans précédent. Les fans n'auraient manqué cette rencontre pour rien au monde. Photos Ludovic Maillard


Qu'on le veuille ou non, Nicola Sirkis est une idole vivante. Accompagné par les membres du groupe, le chanteur d'Indochine était hier après-midi à la Fnac de Lille. Une marée humaine l'attendait. Ambiance.


PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Elle ne tient plus en place. Petite mine due à une nuit blanche. Mais elle trouve des ressources insoupçonnées. Celles transmises par un amour inconditionnel. Voilà presque vingt-quatre heures que Justine, 18 ans, fait le pied de grue devant la Fnac de Lille. Ce n'est pas une fan de la première heure. Elle se tourne vers son amie Olivia et ses neuf concerts d'Indochine. Elle dit qu'elle lui doit tout. Comprendre par là la découverte du groupe. « Il fallait être aux avant-postes pour être certain d'avoir une place, confie Justine. On avait prévu plusieurs couches de vêtements pour passer la nuit. » Passion oblige, elle ne s'est pas rendue à son cours de médecine. Les secrets de l'anatomie peuvent attendre encore un peu.


« Rester éternellement
adolescent »
Julien, vêtu essentiellement de noir, maquillé comme la fiancée et le khôl dégoulinant au coin des yeux, arbore un look gothique. Comme Vanessa, une jeune fille de Bruay-La Buissière qui a passé la nuit à danser et à entonner les chansons « du plus grand groupe du monde » . Dans ses mains, l'édition collector de l'album La République des Météors. Elle connaît tous les titres par coeur.
Que signifie Indochine en 2009 ? La perpétuation d'un mythe, une fascination artistico-existentiel, le syndrome de Peter Pan qui aurait frappé Nicola Sirkis. Les trois à la fois. Pour Sandrine, écouter Indochine, c'est « rester aussi éternellement adolescent ».
Dans le magasin, un homme d'une quarantaine d'années n'a pas le courage d'attendre. Il vient à notre rencontre. Tend un billet de 100 E.
Explique qu'il est prêt à débourser davantage pour obtenir notre badge d'accès.

L'homme
de tous les fantasmes
L'horloge tourne. Bientôt l'instant tant attendu. Des frissons d'excitation parcourent la foule amassée à l'extérieur de la Fnac. La file d'attente, rue Saint-Nicolas, n'en finit plus de finir. Beaucoup, la plupart même, vont rester sur le carreau. Les agents de sécurité fliquent ardemment le couloir d'entrée. Suivi par les membres du groupe qui trimballent caméras et appareils photos, Nicola Sirkis, gilet vert pomme et jean slim mauve, fait enfin son arrivée. L'homme de tous les fantasmes sourit, et les longs moments de poireautage sont oubliés : les heureux élus défaillent. Évidemment, c'est un rêve. Déluge de flashes pour immortaliser la rencontre. Les fans, seulement pendus aux lèvres du chanteur, n'écoutent pas les questions de l'animateur.
De toute façon, ils ont tout déjà lu, connaissent la conception du disque dans ses moindres détails. L'une se lève. Elle multiplie les louanges d'amour.
Nicola Sirkis remet sa mèche en place. Prend le micro. Et répond : « Nous n'existerions pas sans vous. » Qui dit mieux ?

Indochine ou le poids de l'histoire La République des Meteors

15/05/2009 22:18 par indo60

 Indochine ou le poids de l'histoire La République des Meteors
09/03/2009 -
Des chansons reconnaissables dès l'intro, des refrains assurés de devenir des tubes : La République des Meteors aurait pu n'être qu'un album de plus pour Nicola Sirkis et son groupe, s'il n'y avait une inspiration qui va puiser à des sources inédites et bouleversantes.

Des images de soldats de 1914 en marche vers le front, des images de l'embrigadement totalitaire de la jeunesse dans les années 1930, des images de l'exotisme hawaïen de pacotille des années 1950 : en provoquant des collisions visuelles inattendues et curieusement séduisantes, le clip de Little Dolls a préludé depuis plusieurs semaines à la sortie de La République des Meteors. Et il a dévoilé la teneur de l'album, qui est peut être le plus grave de l'histoire discographique d'Indochine, en même temps que le plus exalté.

Après dix galettes presque toutes construites sur les troubles et les frissons de l'adolescence, Nicola Sirkis plonge son groupe dans les fracas de l'Histoire, dans les sentiments universels et sans âge de la séparation, de l'absence et de la peur, dans le romantisme ambigu de la virilité collective, de l'imagerie martiale et de l'entrain guerrier... Tout le disque n'est pas consacré à la gestuelle des jeunes soldats des guerres anciennes, mais on les entend parler dans Le Lac, Union War, Les aubes sont mortes et La Lettre de métal, et ce sont peut-être encore eux dans Little Dolls et Un ange à ma table.

Nicola Sirkis n'a pas voulu écrire un album historique mais reconnaît qu'"avoir une longue carrière permet de trouver à chaque fois un nouveau thème, même si je ne le cherche pas". Au début, même, il ne se sentait guère d'inspiration quand l'intention de faire un disque a fait jour après la très longue et très intense tournée d'Alice et June. C'est en voyant le pavillon de la plasticienne française Sophie Calle à la Biennale de Venise qu'il trouve le déclic : son œuvre, Prenez soin de vous, évoque une rupture amoureuse.

Par un hasard très parisien, Sirkis rencontre l'artiste, rêve qu'elle lui écrit des chansons, se laisse imprégner par sa thématique de séparation et de manque. "Je n'ai jamais parlé de ma vie privée dans mes chansons. Je ne me suis jamais plaint, comme certains de mes collègues qui chantent que c'est dur de faire un album ou que c'est dur de se faire larguer", dit-il. Alors, dans ses chansons, l'absence amoureuse se mue en cette séparation qui déchira et déchire encore tant de couples : le départ à la guerre.

Rien de prémédité

Et la palette s'ouvre encore : dans Play Boy, il parle pour la première fois à la première personne du singulier. Et ce n'est pas un "je" symbolique ou général, mais Nicola Sirkis qui s'agace notamment de l'exil fiscal en Suisse de certains chanteurs français. Et, dans Republika, il semble exprimer le désenchantement d'une partie de l'opinion occidentale devant les institutions politiques en chantant "On sera républicains de loin".

Mais – il insiste –, rien n'était prémédité. "Est-ce qu'on sait ce que sera une chanson ? J'écris en permanence des textes, qui serviront pour une chanson ou pour un livre. J'ai toujours avec moi un carnet ou un dictaphone pour noter les idées qui me viennent n'importe quand. Ensuite, toutes ces idées me servent de banque de données. Depuis trois ans, j'avais envie de chanter le mot république, qui sonne bien phonétiquement. Puis l'idée de "républicains de loin" m'a intéressé. Mais, avant que ce soit la chanson Republika, il s'en passe des choses ! Il faut que nous fassions un morceau en répétition, qu'il ait de la gueule, que je trouve quelque chose qui lui convienne vraiment. Une chanson comme celle-ci est le fruit du hasard et de la chance. On ne peut pas garantir le résultat. "

En l'occurrence, le résultat est impressionnant : Republika est un nouvel hymne, lyrique et tendu, à porter à la longue liste des tubes d'Indochine. Toujours les mêmes qualités d'envol et de grandiloquence, avec une pêche rock saisissante. Classique ? Sans doute. Singulier ? Bien évidemment, tant il se confirme que la musique d'Indochine est protéiforme tout en conservant un accent, une tenue, une singularité qui la signale toujours dans le paysage musical européen. D'ailleurs, les magasins Fnac ont demandé à Indochine un album Carte blanche dans lequel le groupe révèle ses inspirations et ses admirations : David Bowie, XTC, Joy Division, Patti Smith, The Stone Roses, Suede, Antony & the Johnsons, mais aussi l'inénarrable Tes états d'âme Eric de Luna Parker, Asyl ou Santogold... Un portrait chinois qui va du rock héroïque aux marges du post-rock, de la new wave au rock à guitares. Et qui parvient à fédérer implicitement "pas loin de deux cents chansons" enregistrées par Indochine depuis ses débuts.

Alors tout prend des couleurs historiques : le 6 octobre, le groupe commencera une tournée française et belge de trente-quatres dates – pour l'instant, puisque des concerts ont déjà été rajoutés pour satisfaire la demande dans certaines villes... Puis, le 26 juin 2010, bouquet final au Stade de France.

Nicola Sirkis, un chat à neuf vies

15/05/2009 22:17 par indo60

 Nicola Sirkis, un chat à neuf vies
« LA RÉPUBLIQUE DES METEORS » sort ce lundi. Noir, rock, le 11e album d'Indochine est, selon le groupe, « une leçon de vie ».
Nicola Sirkis, un chat à neuf vies

Indochine est toujours là, 28 ans après ses débuts. Même si Nicola Sirkis, le chanteur, est le dernier membre « historique ». © Yves Bottalico.

Nicola Sirkis n'est pas un chanteur français. Il n'est pas non plus le leader d'un groupe miraculé qui bat des records de longévité (28 ans) et de succès (vu les précommandes des commerçants, La République des Meteors s'apprête à cartonner). Nicola Sirkis est un chat. De ceux qui ont neuf vies. De ceux qui retombent sur leurs pattes. Les copains des sorcières, noirs et efflanqués, maigres et amoureux de la nuit.

Le chanteur d'Indochine, dernier « historique » du groupe après diverses formations, a 49 ans. Une baffe pour les filles de 1970 qui craquaient pour son look à la Cure, du temps de Trois nuits par semaine. Trente ans après, il est toujours là, avec sa mèche noire sur l'œil, son slim violet, ses Creepers noires et un nouvel album.

« Nicola m'a dit : “Je veux un album bouleversant”, explique Oli de Sat – alias Olivier Gérard, 35 ans, guitariste, arrangeur, compositeur et producteur dans le groupe depuis dix ans. J'ai réécouté Alice et June, qui était une grosse machine, pleine de synthé, de programmation partout ; j'ai voulu revenir à quelque chose de plus direct, de plus acoustique. On a acheté des ukulélés, des toys pianos, un accordéon... Et on a travaillé sur la voix de Nicola. D'habitude, elle est toujours englobée dans de la réverb', très cathédrale. Là, elle est plus brute et du coup plus proche. »

Côté textes, ça parle de héros, de métal, de petits matins froids, de camarades et de mitraille. « Même s'il y a beaucoup de références à 14-18, ce n'est pas un album sur une guerre particulière, mais sur les guerres, précise Sirkis. Sur ce qu'on génère à tout moment de la vie, les pulsions, les émotions, les angoisses... On est partis de la lettre de rupture que l'actrice française Sophie Calle a fait lire par 107 femmes. Et en y réfléchissant, les séparations les plus atroces, ce sont quand même celles des hommes partant au front et laissant leur famille »...

Dans « Playboy », en revanche, on dose humour (« J'ai essayé les vêtements de ma mère /.../ mais on m'a regardé de travers alors je les ai mis à l'envers ») et petits tacles par l'arrière (« J'ai du mal avec les artistes français qui habitent en Suisse »). Il y a de la politique dans « Republika » (« Comme on n'est si fiers de rien, on sera républicains de loin »), une reprise d'Ellie et Jacno (« Je t'aime tant ») et même un morceau écrit avec Rudy Léonet (« Le grand soir »). Le tout, enregistré à Paris (les guitares), à Bruxelles (au studio ICP pour « le gros son »), et les voix, dans les studios de Luc Besson, en Normandie. « On a terminé le soir de l'élection d'Obama. »

Celui qui a grandi en écoutant Bowie, Patti Smith, les Sparks et Roxy Music et qui pousse aujourd'hui sa fille de sept ans vers Renan Luce et CSS plutôt que vers les Jonas Brothers, a voulu une pochette à la Sgt Pepper, où Rimbaud côtoie Freud, Gandhi, Pierre et Marie Curie, Betty Boop, Paul McCartney, Sid Vicious, Staline, Mao, Jacques Dutronc... « Ce qui compte, c'est l'influence qu'on laisse, dit-il. Ces grands mathématiciens, philosophes, musiciens, dictateurs aussi, sont des gens qui ont laissé des traces, des leçons de vie. D'Histoire. »

Nicola Sirkis ne croit ni en l'au-delà, ni à la réincarnation, tous ces trucs. Son frère aîné, Christophe, vient de publier un livre, Starmustang – Indochine, une histoire de famille, où il lui reproche de ne pas avoir aidé Stéphane à décrocher de la drogue et d'avoir poursuivi les activités du groupe après le décès de Stéphane d'une hépatite foudroyante, il y a dix ans. « Pas envie de m'étaler là-dessus. Il y a deux ou trois livres qui sortent sur nous en ce moment. Des marchands de mort et des marchands de vie. Je choisis la vie. »

La ritournelle Indochine

15/05/2009 22:16 par indo60

 La ritournelle Indochine
Lundi, le onzième album d'Indochine, "La République des Meteors", sera disponible. La tournée se clôturera avec un concert au Stade de France, le 26 juin 2010. Rencontre avec Oli de Sat, à la guitare, aux claviers et à la réalisation.

* Regardez le clip de "Little Dolls"
* All Access, le blog musique de la Libre

Après l'immense succès de "Paradize" (2002) puis de l'album conceptuel "Alice et June" (2005), le groupe Indochine, qui approche les trente années de carrière, sort un nouvel album, "La République des Meteors". Le secret du succès ? Avec leurs looks d'éternels adolescents, une nouvelle génération de jeunes fans se crée à chaque album, et si les textes de Nicola Sirkis sont emprunts de naïveté, ils touchent un grand public tandis que la musique novatrice garde toutefois de nombreux gimmicks qui forgent l'identité d'Indochine. Quand à arrêter un jour "Ce n'est pas une question d'âge. Il y a à chaque fois un doute, une remise en question pour savoir si nous allons trouver l'inspiration, pouvoir continuer à créer," explique Oli de Sat, à l'origine un fan qui a rejoint le groupe en 1997 pour ses talents d'arrangeur. Depuis, il forme le duo de tête avec Nicola Sirkis, composant et réalisant l'album.

Indochine, c'est aussi une excellente campagne de communication, notamment sur Internet, portée par des fans fidèles et déchaînés. Un single est en écoute libre sur leur site officiel avant la sortie "grand public", ils diffusent des vidéos de l'enregistrement en studio et de la fameuse séance photo qui a donné lieu à l'affiche pour le concert au Stade de France. "Il fallait faire quelque chose de bien pour le Stade de France, mais on voulait une photo sans prétention, sans artifices nus. Finalement, le fait que deux musiciens seulement soient nus et les autres habillés donne bien." La tournée commencera en octobre 2009 et de nombreuses dates sont déjà complètes, notamment les 21, 22, 24 octobre et le 26 mars à Forest National, et ce n'est pas le scandale provoqué par Christophe Sirkis, frère aîné de Nicola, avec la parution d'un livre dénonçant l'attitude du chanteur vis-à-vis de son frère jumeau, Stéphane, décédé en 1999, qui découragera le groupe. "Il n'y a rien à dire, c'est tellement abject, le mieux c'est d'ignorer." Quand à l'album, "La République des Meteors" est sans doute l'un des plus aboutis musicalement. "Il y a beaucoup de nouveaux instruments, de l'accordéon, du ukulélé, des jouets mécaniques, des clochettes Les sons acoustiques sont moins retravaillés que sur "Alice et June", l'album est plus brut, pas surproduit. J'ai beaucoup travaillé les mélodies-voix." Des titres aux guitares saturées et aux batteries fortes aux douces mélodies au piano et morceaux électro, l'album se révèle éclectique. "Il y a eu plusieurs sessions d'écriture. On a commencé par "Le Grand Soir", "La Lettre de métal" des titres acoustiques pas très gais, puis on est revenus après une pause et, petit à petit, l'électronique et les guitares saturées sont revenues."

Un long chemin parcouru, déjà, depuis les débuts de la création de "La République des Meteors" "La remise au travail fut difficile après l'énorme tournée d'"Alice et June". Puis, Nicola est allé à la Biennale de Venise où l'exposition de Sophie Calle, "Prenez soin de vous" l'a beaucoup marqué. Avec sa "Lettre de rupture", il a commencé à réfléchir à la thématique de la séparation et du départ. Puis on s'est intéressés à la guerre, du point de vue esthétique, pas historique."

Quant aux paroles de "Republika", "On est si fiers de rien/Républicains de loin" "Cela signifie que l'on n'adhère pas à tout ce que les politiques peuvent dire ou faire. Tout simplement. Nous n'avons pas vraiment le choix d'être républicains parce que dire qu'on est contre le capitalisme et partir au fin fond du Larzac, peu de gens le font. Il faut simplement encourager les jeunes à garder l'esprit critique même si les nouvelles générations sont très matures, pas dupes du tout, un peu cyniques, même. Ils savent très bien faire la différence entre un mec qui passe à la télé et la vérité."

Infatigable Indochine

15/05/2009 22:14 par indo60

 Infatigable Indochine
Indochine, le groupe rock français aussi légendaire que controversé, revient sur scène et compte bien faire partie des incontournables de l'année 2009. Pour cela, tout est prévu : un album pour le 9 mars, une tournée et un scandale ! Indochine saura-t-il un jour faire les choses simplement ? Peut-être que non. Détails d'un retour pour le meilleur et pour le pire, ou plutôt la polémique !


C'est l'album que les fans attendaient depuis longtemps. Il est loin l'Aventurier, loin Canary Bay, après Alice & June, sorti en décembre 2005, on avait peur de manquer ! Mais Indochine arrive à temps pour que personne ne s'essouffle, et nous livre son nouvel opus La République des Meteors, un onzième album qui fait beaucoup parler. Le premier single, Little Dolls, sorti en décembre dernier, annonce la couleur : un son reconnaissable parmi mille, une voix bien particulière et des paroles qui accrochent, le style Indo est toujours là, indémodable.

« [L'album] est méga attendu, on a méga peur », Indochine sera-t-il a la hauteur des espérances ? Allié du groupe dans leur médiatisation, la Fnac voit les choses en grand pour cet événement : une compilation inédite des tubes préférés de Nicola Sirkis, le leader emblématique, est sortie le 2 mars, à quelques jours de la sortie officielle de l'album du groupe. Cette édition limitée comprend des tubes tels Diamond Dogs de David Bowie, Land de Patti Smith ou bien encore So Young de Suede.


30 années de musique



Indochine n'est pas rancunier et comprend la période creuse qu'il a traversé dans les années 90, « c'est normal que les gens en aient marre [...] et ça fait du bien aussi » explique Nicola Sirkis sur le plateau du JT de France 2. Pour un retour fracassant, le programme a été pensé et réglé comme du papier à musique, Indochine ne lésine pas sur les moyens pour annoncer qu'il fêtera bientôt ses 30 ans de carrière. Plus précisément le 26 juin 2010 au Stade de France. Aujourd'hui réconcilié avec les médias, Indochine gère sa promotion d'une main de maitre : interviews papier, journaux télévisés, affiches placardées dans les stations de métro... Le groupe sera également présent pour des séances de dédicaces dans la chaine de magasins multimédias Fnac: une alliance qui ne peut être que bénéfique pour la promotion d'Indochine, et les finances des deux partenaires ! En attendant l'été 2010, les billets sont déjà en vente pour la tournée du groupe à travers la France qui débutera en octobre.


La polémique comme bouquet final



sirkis-nicola.copyright.300x200.jpgComme si la publicité seule ne suffisait pas, le groupe Indochine, et plus particulièrement son leader Nicola Sirkis, doit faire face à une polémique. Mise en scène ou pas, elle a de l'effet sur leur promotion ! Dix années après le décès de Stéphane Sirkis, le frère jumeau de Nicola et co-fondateur du groupe, l'ainé de la fratrie, Christophe, sort Starmustang un livre qui attaque Nicola, notamment sur son comportement au lendemain de la mort de son frère. "Personne ne reproche à Catherine Ringer - la chanteuse des Rita Mitsouko, qui a perdu Fred Chichin, ce que l'on m'a reproché, c'est-à-dire d'avoir continué après la disparition de Stéphane. Etre sur scène après un drame absolu m'a sauvé, mais il vaut mieux être pudique dans la douleur." Le concerné ne souhaite pas répondre aux accusations, il n'a même pas lu ces livres, « Il y a les marchands de mort, et les marchands de vie, moi j'ai choisi la vie ».

Nicola du groupe Indochine: «J'ai une tristesse continuelle»

15/05/2009 22:09 par indo60

 Nicola du groupe Indochine: «J'ai une tristesse continuelle»
Indochine reviens en force lundi avec «La république des Meteors». Rencontre

Il y a, bien sûr, ce livre de Christophe Sirkis, paru la semaine dernière, où l'aîné de la famille y accuse son frère Nicola d'avoir baissé les yeux sur l'addiction aux drogues de son jumeau afin de propulser le groupe vers des sommets. Mais, pour le leader d'Indochine, le seul événement qui compte, c'est la sortie, lundi, de son nouvel album, «La république des Meteors».

Car événement, il y a. Qui peut, en effet, remplir le Stade de France (le 26 juin 2010)? Aujourd'hui, dans les groupes français, personne à part Indochine.

Pour autant, le groupe ne se repose pas sur ses lauriers, en témoigne «La république des Meteors». Total (du rock à l'electro, il représente tout ce qu'Indochine construit depuis près de trente ans), personnel (le thème général est l'absence d'un être cher), copieux (16?titres). Interview avec les deux principaux protagonistes de cette réussite, Nicola Sirkis et Oli de Sat (à droite).

-Nicola, vous étiez angoissé avant de commencer ce disque. Pour quelle raison?

- Quand on ne sait pas par où commencer un nouvel album ni si on va y arriver, c'est toujours angoissant. Pour les deux albums précédents, il y avait déjà une idée de départ, alors que cette fois, avec Oli, on a commencé par la musique. Et, finalement, il y a toujours une motivation pour écrire des chansons. Je suis parti de l'expo de Sophie Calle sur la lettre de rupture qu'elle a reçue pour arriver aux thèmes de l'absence et de la séparation. Ces sentiments sont les plus forts lorsque des soldats partent à la guerre.

- Et tout s'est fait en liaison avec la musique?

Oli. - Le thème de la guerre, c'était le côté graphique. On ne voulait pas partir sur des musiques militaires. Comme sur «Alice & June», il y a parfois ce côté un peu déglingué pour désamorcer des textes graves.

N. - Le but était de tout essayer. On a utilisé le mot météore pour montrer que le disque éclate de tous les côtés et c'est un de nos disques les plus riches, une sorte de best of sans hit single avec toutes nos références.

- Vous avez été influencé par des lettres de soldats. Il n'y a donc rien de personnel?

- Si forcément. Mais au lieu de m'apitoyer sur mon sort, je parle de celui des autres. C'est peut-être pour cela que beaucoup de gens se reconnaissent dans mes textes. C'est un des albums les plus personnels de ma carrière.

- Avec ce thème de l'absence, on ne peut s'empêcher de penser à votre frère, mort il y a dix ans...

- Ça se reflète sur tout l'album. J'ai une tristesse continuelle et je pourrais la combattre par des chansons rigolotes. Mais je le fais différemment, par des morceaux bouleversants.

- Votre tournée passera par l'Arena de Genève le 28 novembre. Que pouvez-vous déjà révéler?

- Le public assistera à un gros show de 2 h 30' avec un concept impressionnant et un tout nouveau système vidéo. Ça sera un peu notre Zoo TV à nous!

Indochine, l'album tant attendu

15/05/2009 22:08 par indo60

 Indochine, l'album tant attendu
>> Le nouveau Indochine, La République des Météores n'arrive pas sous de bons hospices. Mais l'album risque de pâtir de la sortie du livre du frère aîné de Nicola Sirkis. Christophe Sirkis accuse le leader de groupe d'avoir fait de l'argent sur la mémoire de leur petit frère, Stéphane, mort en 1999. Malgré cette polémique, le onzième opus d'Indochine est un disque riche et travaillé.

Nicola Sirkis avec les musiciens du groupe Indochine. (Yves Bottalico)Nicola Sirkis avec les musiciens du groupe Indochine. (Yves Bottalico)
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U2: Plaisant, profond, sans surprise


Bonne surprise, le onzième album d'Indochine est un disque riche. Et pas seulement de ses seize titres. Riche d'un rock affranchi des trips ados gothiques post-punk, qui font la légende du groupe. Riche de textes qu'on sent personnels et traversés par les thèmes de la rupture, l'absence et l'amour. Et de son esthétique inédite, empruntée à la guerre de 14 et aux soldats de plomb. D'ailleurs, Little Dolls, premier single aux accents pop de La République des Meteors, fait déjà son petit effet avec son clip original : un montage d'images d'archives mêlant horreurs et bonheurs, fiestas et combats. Illustration de la décadence d'une société jonglant avec contrastes et mystifications.

Un résultat qui surprend Nicola Sirkis lui-même. "Sur Paradize et sur Alice & June, dit-il, j'étais arrivé en studio avec des idées précises sur la société perverse, la religion, les contes, les univers des peintres nouveaux surréalistes Mark Ryden et Peter Gronquist. Là, je suis arrivé vierge, je ne voulais pas d'album conceptuel. En fin de compte, c'est peut-être notre album le plus conceptuel."

"Un truc qui arrive très vite, explose, disparaît"

Essoré par la tournée d'Alice & June, le groupe attaque ses nouvelles musiques dès septembre 2007 dans trois lieux chers. D'abord une maisonnette du 13e arrondissement de Paris qui leur sert de temple. "L'endroit a de bonnes ondes et comme on est un peu mystiques..." Pour l'écriture et les voix, Indochine est aussi un fidèle client de Digital Factory, le domaine de Luc Besson en Normandie. "Un endroit où on peut passer une semaine en vase clos, sans aucune discipline de temps. L'outil est incroyable, sans tape-à-l'oeil." Enfin, il y a le studio ICP de Bruxelles, "notre deuxième famille, le seul studio où tu as tous les vieux instruments imaginables à dispo."

La chimie prend vite. "Musicalement, on savait bien qu'on voulait de l'ukulélé, de l'accordéon." C'est sur ses textes que Nicola, auteur du groupe, se sent d'abord "le cerveau à sec". Il conjure le vide en voyageant à Venise et Berlin, deux capitales d'art contemporain. "A la Biennale de Venise, le pavillon de Sophie Calle m'a subjugué. Partir d'un acte impudique comme une lettre de rupture pour provoquer un événement poétique, chapeau! A Berlin, j'ai vu le film La Chute, sur les derniers jours d'Hitler, et j'ai mis du temps à m'en remettre."

Sans le nommer, Nicola Sirkis laisse entendre que ce disque, plus intime qu'il n'y paraît, a beaucoup à voir avec Stéphane, son vrai jumeau, guitariste d'Indochine, mort en février 1999, d'une hépatite foudroyante. Ensemble, ils ont grandi, joué, partagé l'adrénaline jusqu'à l'irréversible scission. Autant d'émotions qui hantent Junior Song, Le Dernier jour, Le Lac ou L. World. Surtout, les météores de sa "république" renvoient au roman de Michel Tournier, Les Météores, sur des jumeaux incestueux.

Appel à l'histoire

Nicola Sirkis évoque plutôt les figures historiques qui se bousculent sur la pochette du disque (Mao, Staline, Rimbaud, Sartre, Jacques Dutronc...), et l'idée de base de ses météores: "Un truc qui arrive très vite, explose, disparaît, à l'image de ceux qui passent à une vitesse incroyable dans la vie, mais y laissent des sentiments très forts."

Alors, sa République des Meteors, qu'est-ce donc? Il répond avec l'obscure chanson Republika: "J'ai écrit cela pour dire qu'on n'est pas dupes. La crise capitaliste et financière est due au mensonge, à l'argent virtuel. On ne peut plus mentir. Le mensonge tue. L'expérience m'a appris que le monde adulte est une cour de récréation impitoyable."

La République des Meteors (Jivepic/SonyBMG), sortie 9 mars. En tournée à partir d'octobre 2009, au Stade de France le 26 juin 2010.

Nicola Sirkis: «Je suis très déçu de la nature humaine»

15/05/2009 22:07 par indo60

 Nicola Sirkis: «Je suis très déçu de la nature humaine»
Indochine sort lundi son 11e album studio, «La République des Météors». Un opus dans lequel Nicola Sirkis, le leader du groupe, se met en avant.

Nicola Sirkis et Indochine seront en tournée dès octobre. (Photo: Y. Bottalico)
Info-Box
Un album monumental

Quatre ans après «Alice et June», Indochine revient en force avec son onzième album, «La République des Météors», qui promet de cartonner. Introduit par le single «Little Dolls», le CD donne le ton: monumental.
«Je voulais que cet album soit bouleversant. C'est la première fois que j'ai la chair de poule en écoutant un disque d'Indochine», a confié Nicola Sirkis.
Plus pop que ses prédécesseurs, l'opus comprend 16 tubes potentiels qui raviront chaque génération de fans du groupe de pop-rock français formé en 1980.

– «20minutes.ch».  Pourquoi votre nouvel album, «La République des Météors», évoque-t-il des sujets parfois graves?

– Nicola Sirkis.  Cet album est une leçon de vie, de sentiments et d'histoire. Certains titres parlent de toutes sortes de ruptures et de leurs conséquences, comme la fin d'une relation amoureuse, la mort de quelqu'un ou des soldats devant quitter leurs proches pour aller faire la guerre. C'est une thématique forte qui m'a intéressé.

– Est-ce à dire que cet opus est mélancolique?

–  Il y a beaucoup d'émotion dans cet album, mais je ne suis pas quelqu'un de pessimiste. Je suis juste très déçu de la nature humaine. La crise financière actuelle est fondée sur le mensonge. Des gens influents en ont arnaqué d'autres. C'est triste et choquant de subir des erreurs de personnes malhonnêtes.

– Dans la chanson «Play Boy», vous évoquez «les artistes français qui habitent en Suisse».

–  Pour moi la musique est sacrée. C'est une émotion qu'on donne aux gens. Je suis donc outré que des chanteurs français connus soient des exilés fiscaux. La France leur a donné la chance d'avoir du succès, et ces artistes ne partagent pas leurs gains avec leur pays. C'est comme une trahison. Mais je n'ai rien contre la Suisse, bien sûr!

–  Vous serez à l'Arena de Genève le 28 novembre prochain, et pour la première fois au Stade de France le 26 juin 2010. Le show sera-t-il identique?

–  Non. Il sera démultiplié au Stade de France. Dans cette immense enceinte, il se fera en plein air et en plein jour.